Le journaliste

  1. prend la responsabilité de tous ses écrits, même anonymes ;
  2. tient la calomnie, les accusations sans preuves, l'altération des documents, la déformation des faits, le mensonge pour les plus graves fautes professionnelles ;
  3. ne reconnaît que la juridiction de ses pairs, souveraine en matière d'honneur professionnel ;
    n'accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle ;
  4. s'interdit de d'invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d'user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne fois de quiconque ;
  5. ne touche pas d'argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d'être exploitées ;
  6. ne signe pas de son nom des articles de réclame commerciale ou financière ;
  7. ne commet aucun plagiat, cite les confrères dont il reproduit un texte quelconque ;
  8. ne sollicite pas la place d'un confrère, ni ne provoque son renvoi en offrant de travailler à des conditions inférieures ;
  9. garde le secret professionnel ;
  10. n'use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
  11. revendique la liberté de publier honnêtement ses informations, tient le scrupule et le souci de justice pour règles premières, ne confond pas son rôle avec celui du policier

Extrait de la charte du journaliste professionnel

Dimanche 25 juin 2006

La quête de la vérité sur un évènement ou sur un dossier doit être le principe d'indépendance du journaliste face à sa direction de la publication. Mais il est vrai car vérifié que le travail du journalisme s'avère périlleux face aux pressions de la société marchande (capitaliste) et celle de la politique d'influence, car dominante par le biais des institutions de la république.

Pour vouloir sortir "le scoop" qui ferait vaciller ou trembler une des forces dominatrices de la nation, le journaliste doit prendre en considération que le système peut selon les circonstances lui permettre de faire son travail, le censurer ou l'empêcher de faire son métier d'investigateur. Les méthodes de blocages sont le licenciement pour acte d'indépendance, la mutation vers un autre service, une modification substantielle de son article, les pressions physique ou psychologique sur lui ou sa famille, ou voir la calomnie sur sa personne. La justice sert parfois de vecteur d'anéantissement du travail journalistique en condamnant pour diffamation l'auteur, tout en se réduisant à l'analyse de la personne et en laissant de côté le système mis en cause.

Un journaliste étant de matière fragile, il peut dans son inconscient relayer par ses écrits ses opinions personnelles (politique, religieuse, etc) ou celles des puissances dominatrices ou groupes de pression (lobby). Il peut être victime de la manipulation. Ou il peut également se tromper dans ses analyses car faible sur le sujet. Le contraire étant le conscient et pouvant également s'appliquer.

Depuis le début des années 80, les mélanges politique-média en France puisent leurs sources du système médiatique des Etats-Unis. Passer du sérieux à la gaudriole sur une information parlant de l'avenir de millions de personnes est monnaie courante de l'autre côté de l'Atlantique. L'élection présidentielle de Ronald Reagan en 1981 étant le summum de la domination de l'image sur le programme.

L'angle sous lequel on le décrivait était celui de la médiocrité. Il ne préparait aucunes de ses interventions télévisuelles, se contentant juste de lire le prompteur. Et pourtant il est devenu le Président par des mécanismes simples que sont la simplification du rapport de l'homme face à l'information. La communication par le martèlement est une des techniques utilisées afin d'inscrire dans les mémoires une marque, un nom ou un visage. Avec cette méthode, l'essentiel devient secondaire et seul l'image devient essentielle.

La course à la présidence de la République pour 2007 est révélatrice de l'importance du petit écran, radio, internet ou papier de presse sur le devenir des acteurs politiques en course aux élections. Les plate-formes ou programmes politiques sont délaissés au profit de la petite phrase choc ou assassine envers ses adversaires ou "collègues" de parti, afin de faire le vide par "l'opinion".

Le sondage est l'un des outils de cette intégration des personnages politiques à la vie média. Prendre en considération un pourcentage d'intention sur un panel soit-disant représentatif pour faire une campagne électorale prouve le profond malaise dans lequel se trouve de nos jours nos responsables politiques.

Le journaliste doit donc prendre en considération ce phénomène tout en prenant compte que le marché financier domine sur la liberté d'action. La page de pub est devenu vitale pour entrer dans le champ de la concurrence sur le segment de la vente ou de la diffusion. Les annonceurs (les marques ou leurs représentants) sont devenus les véritables dominateurs de la sphère de l'information.

De plus, dans une société capitaliste, il y a un phénomène de fusion-acquisition et les médias n'échappent en rien à cette règle.

Serge Dassault, patron d'un des groupes les plus importants en Europe de l'aviation militaire est en plus patron du journal le Figaro et député-maire UMP de Corbeil-Essonne. Arnaud Lagardère, héritier de son père Jean-Luc (ancien ingénieur chez Dassault), est responsable d'un groupe tentaculaire allant de l'aérospatiale à la chaîne de télévision, en passant par le dictionnaire et le livre scolaire. Il suffit de voir l'influence de ces héritiers pour comprendre que dans toute société capitaliste, c'est le chiffre et la comptabilité qui priment sur le reste.

Dans ce cadre, comment faire pour s'opposer à cette domination "molle" de la puissance médiatique.
Qui faut-il combattre pour permettre aux journalistes indépendants de faire leur travail?
Comment faire pour réaliser l'idéal et anéantir ce système néfaste de type "Orwellien"?
Comment faire pour arrêter cette domination tout en se préservant de la remplacer par une autre?
A qui profite ce système de baisse de la qualité de l'information?
A qui profite le crime? 

A suivre...

Par Sacha Yakowenko - Publié dans : combatsyndical
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Dimanche 4 juin 2006

« La commission n’a pas vu dans l’état actuel de la concentration dans le domaine des médias une menace directe pour le pluralisme et la diversité. ».


Le rapport de la commission LANCELOT du nom de son rapporteur (professeur "émérite" de Sciences Politiques et habitué des commissions) a été remis au premier ministre Dominique de Villepin le vendredi 13 janvier 2006 et mis en ligne sur le site site Internet de la Direction des médias (DDM) de Matignon.


Cette commission avait été mise en place par l'ex-premier ministre Raffarin. Elle avait pour mission de "porter une appréciation sur la pertinence et l'efficacité de la législation applicable en matière de concentration des médias et d'étudier les modifications qui pourraient être apportées à cette dernière".

On aurait pu croire à une prise de conscience des pouvoirs en place sur les dangers de la prise de contrôle de l'appareil médiatique par les grandes familles que représentent Dassault, Lagardère ou Bouygues pour ne citer qu'eux.

Mais sans surprise, le compte-rendu s'est transformé en un véritable plébiscite pour la marchandisation des moyens de communication que sont la presse, la télévision, la radio ou l'internet.


Créer un observatoire du pluralisme de la presse prête plus au sarcasme qu'au sérieux de sa création. Comment peut-on nous dire que le groupe LAGARDERE n'a aucune influence sur les médias et que le problème de concentration des moyens d'information et de communication se borne juste à le prendre sous l'angle des médias pour ce groupe? Lagardère n'est-il pas également détenteur d' EADS (ex-aérospatiale), fabriquant et fournisseur d'arme? N'en est-il pas de même pour le groupe de Serge Dassault, sénateur maire UMP de Corbeil-Essonne, qui est un acteur essentiel dans la vie politique et fournisseur officiel de l'armée française?

Il faut savoir que le groupe Lagardère dans son document de référence 2005 (paru en 2006) avait mis en avant les dangers que peuvent  représenter pour les activités du groupe à travers une commission d'étude sur la concentration des médias:

• Commission Lancelot

La commission Lancelot, chargée par le gouvernement de faire un état des lieux et des propositions sur la concentration des médias en France, a rendu son rapport au mois de janvier 2006. Après avoir fait le constat de la complexité et des inadaptations des dispositifs anticoncentration spécifiques aux médias applicables actuellement, la Commission propose une série de mesures en vue notamment de simplifier les dispositifs monomédia et plurimédias actuels et de les adapter au droit général des concentrations en préconisant une approche plus économique (seuils d’audience réelle, notion d’influence déterminante, consultation plus systématique des autorités de la concurrence, etc.).  

 

Mais sachant que les mesurettes proposées ne seront pas appliquées comme les précéndentes (entre autre de la loi Léotard), pas d'inquiètude pour ces "maîtres es-média".    

 

 

Ce rapport est une raffarinade que villepingre n'a pas eu de mal à entériner pour tenter de se mettre dans la poche les puissants médias que sont l'Express, le Figaro (Dassault), ou Paris-Match et le Journal du Dimanche (Lagardère).


Après la remise du rapport, la bourse a poussé un ouf de soulagement en apprenant que le problème concentrationnaire médiatique ne serait par remis en cause par une loi ou décret. Une hausse significative des cotations des grands groupes du média-financier a été dénotée à l'annonce des conclusions du rapport Lancelot.


http://www.ddm.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_lancelot.pdf

 

Pour information

http://www.acrimed.org/article2304.html

 


Par Sacha Yakowenko - Publié dans : combatsyndical
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Jeudi 1 juin 2006

Philippe Amaury, propriétaire du Parisien, Aujourd'hui en France, l'Echo Républicain, L'Equipe, France Football, Vélo Magazine, l'Equipe TV, organisateur via Amaury Sport Organisation d'évenements sportifs comme le Tour de France, Paris - Roubaix, le Dakar, l'Enduro du Touquet, l'Open de France, le Marathon de Paris, est décédé à l'âge de 66 ans.

Qui était Philippe Amaury ...



Philippe Amaury était l'un des grands patrons de la presse. Il suffit de citer des extraits de l'article du Monde du 25 mai pour prendre la mesure de l'influence de ce groupe média.

« C'est une figure de la presse française qui disparaît...Philippe Amaury était à la tête de l'entreprise familiale depuis vingt-cinq ans »

« En 1977, à la mort accidentelle de son père, Emilien Amaury, qui avait créé Le Parisien libéré en 1944, un contentieux juridique, qui durera six ans, l'oppose à sa soeur Francine. Emilien lui avait préféré sa soeur. Au terme de ce litige, Philippe Amaury prend, en 1983, la tête de la presse quotidienne, tandis que Francine dirige la presse magazine (Marie-France, Point de vue-Images du monde) et la régie publicitaire »

« C'est à cette époque que Jean-Luc Lagardère acquiert 25 % du groupe, notamment pour permettre à Philippe Amaury de régler les droits de succession »

« Emilien Amaury (le père) avait mené une bataille farouche contre le Syndicat du livre CGT, de 1975 à 1977 »

«Philippe Amaury n'a pas hésité à aller lui aussi à l'affrontement avec les syndicats en créant son propre système de distribution. Au terme d'un conflit avec les Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP) et le Syndicat du livre, M. Amaury a mis en place un système de distribution propre au Parisien, la Société de distribution et de vente du Parisien (SDVP). Constituée en 2001, la SDVP est déficitaire »

 Il eut aussi le flop du Futuroscope en 2002

Le département de la Vienne (dont le Président était René Monory - UDF) confie en 2000 la gestion du Futuroscope de Poitiers au groupe Amaury et renomme le parc en Planète Futuroscope. Cela s'annoncera désastreux. Faute d'investissements et d'innovation, le Futuroscope de Poitiers va perdre 150 emplois sur 640. Dans un communiqué laconique, le groupe Amaury se dit ne pas vouloir porter « la responsabilité des 150 licenciements du Futuroscope » et laisse le bébé dans les bras du Conseil Général de la Vienne pour s'occuper du plan de restructuration. Il est vrai que médiatiquement, ce dossier a écorné l'image de Philippe Amaury et sa soit-disante légendaire discrétion. L'un des conseillers de Philippe Amaury, Jean-Pierre Courcol (directeur général du groupe) sera demis de ses fonctions pour avoir fait perdre au groupe entre 60 et 80 millions d'euros. Dans cette histoire, les deniers publics payeront la facture (plus de 50 millions pour le redressement du futuroscope). Au privé les bénéfices, au public les déficits ...

Le capitalisme à visage « humain »

Quand on évoque « Le Parisien », il nous vient à l'esprit le quotidien le plus lu des Franciliens. Et effectivement, le titre cumul plus de 550 000 exemplaires quotidiens sur le territoire (en associant Le Parisien et Aujourd'hui en France). Cela en fait le leader incontesté de la grande presse quotidienne nationale. Mais faut-il pour cela s'interroger des méthodes de marketing employés pour en arriver à ce résultat?

La conception de l'information par P. Amaury et son groupe est uniquement mis sous le prisme du rendement capitalistique. On lui confère volontiers le nom de capitalisme familiale ou à visage humain. Une dynastie patronale en somme. Le mélange des genres et la banalisation de l'information sous un regard fortement complaisant pour les pouvoirs en place en fait un journal fortement apprécié de la classe dominante, politique, économique ou médiatique.

Le Parisien, un journal indépendant?

Avoir dans son capital le groupe Hachette-Filipacchi Presse (filiale du groupe Lagardère) à hauteur du quart du capital ne peut qu'interroger sur la soit-disante indépendance éditoriale de ce titre hexagonale.

 

Et si finalement les intérêts

des groupes Amaury et  Lagardère n'étaient pas si éloignés

les uns des autres?

A suivre...

 

 
Par Combat syndical - Publié dans : combatsyndical
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Dimanche 28 mai 2006

POURQUOI CE BLOG

Savoir pour comprendre, tel est la principale fonction que ce blog va s'efforcer de réaliser avec l'aide d 'amateurs ou de spécialistes de l'ensemble média.

Apprendre à connaître le monde de l'information et de la diffusion n'est pas chose aisée Les sujets ne vont pas manquer et le risque de dispersion dans l'élaboration d'articles est immense. C'est pour cela que nous avons décidé de nous concentrer uniquement sur le rapport tendancieux du monde médiatique et celui de la finance, afin de ne pas s'éloigner et dériver sur le rôle « people » du média.

Le blog n'aura pas pour ambition d'être la référence en la matière. Il n'a pas cette prétention et ne tient pas à le devenir. Il est juste un outil de discussion libre entre les internautes, afin de mettre en évidence les travers et les dangers de ce que nous appelleront « la dominante industrielle et commerciale du monde des médias ».

QUI SOMMES NOUS

"Combat Syndical" est le fruit d'un condensé de cheminots et militants de la CGT, d'anarcho-syndicalistes, d'étudiants, de sociologues, de personnes du spectacle de scène  et de la télévision et tant d'autres encore.


Faire vivre le débat démocratiquement est la seule et unique raison pour laquelle a été fondé ce blog. Il n'est en aucune sorte question d'utiliser ce lieu d'échange comme moyen de pression à l'encontre de qui que ce soit. Il en va de la crédibilité de ses acteurs-créateurs, tout comme il est hors de question de céder à la pression de quelques groupes ou individus qui auraient pour but de faire taire ses auteurs.


LE CONTENU

Nous essayerons selon nos moyens de mettre en ligne 2 à 3 articles par semaine. De plus, il sera quotidiennement fait une analyse d'un article de presse afin de montrer les rouages de l'information. Nous en cacherons l'auteur et le journal dans un but purement pédagogique.

Pourquoi? Pas pour une possible attaque en justice pour  diffamation , mais pour ne pas se faire une idée préconçue sur l'émetteur ou le diffuseur, chose qui ne permet pas d'avoir une réflexion indépendante selon ses opinions.


ET POUR FINIR

Je vous laisse avec une phrase de Samuel Moore Walton qui était le fondateur de la chaîne des centres commerciaux Walt-Mart, milliardaire et contributeur financier du parti républicain (notamment pour l'élection de Georges Bush père). 

"  Il n'y a qu'un patron: le client. Et il peut licencier tout le personnel, depuis le directeur jusqu'à l'employé, tout simplement en allant dépenser son argent ailleurs. "

Il suffirait de rapporter le mot « client » à publicité et « personnel et directeur » au média pour comprendre que dans une société capitaliste, la dépendance à l'économie de marché n'épargne personne ... et surtout pas les médias.

 

Sacha Yakowenko - administrateur du Blog

Par Combat syndical - Publié dans : combatsyndical
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Définitions

Communication : fait de communiquer, d'établir une relation avec (qqn qqch) - échange de signes, de messages, entre un émetteur et un récepteur - action de communiquer qqch à qqn - moyen technique par lequel des personnes communiquent - ensemble des techniques médiatiques d'information et de publicité

Editorial : article (de journal ...) qui reflète une orientation générale

Information : transmettre des connaissances, des renseignements à quelqu'un

Média : technique et support de diffusion de l'information (presse, radio, télévision, cinéma)

Mass média : supports de diffusion massive de l'information

Publicité : fait d'exercer une action psychologique sur le public à des fins commerciales

Presse : publications périodiques(journaux, hebdomadaires) ; organismes qui s'y rattachent

Publier : faire paraître, faire connaître au public

Télévision : technique de transmission des images après analyse (en points et en lignes) et transformation en ondes hertziennes - élaboration et diffusion d'informations et de spectacles par cette technique (les programmes)

 

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